Depuis 2009, la Ville et l’Eurométropole ont accompagné une trentaine de projets, dont douze sont habités.

Qu’est-ce que l’habitat participatif ?
Art. L. 200-1. du Code de la construction et de l’habitation : « – L’Habitat Participatif est une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d’acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d’assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis.
– En partenariat avec les différents acteurs agissant en faveur de l’amélioration et de la réhabilitation du parc de logements existant public ou privé et dans le respect des politiques menées aux niveaux national et local, l’Habitat Participatif favorise la construction et la mise à disposition de logements, ainsi que la mise en valeur d’espaces collectifs dans une logique de partage et de solidarité entre habitants. »

La condition initiale est l’existence d’un groupe d’habitants motivés par des idées d’entraide et de solidarité. Ce groupe élabore un projet composé d’espaces privés (les logements) et partagés (buanderie, salle de réunion ou des fêtes, chambre d’amis, jardin, etc.). Il s’agit de projets respectant l’intimité et la vie privée de chacun, mais donnant toute sa place au partage d’espaces communs.

Les Coop’ HLM cherchent et mettent à disposition des terrains et initient la démarche d’habitat participatif en pilotant la constitution du groupe de futurs accédants qui ont ainsi l’assurance d’une réalisation de qualité au juste coût de leur habitation. Elles assurent ensuite l’animation du projet et l’accompagnement du collectif avec une assistance à maîtrise d’ouvrage à travers les étapes successives :

  • l’animation et la formation du groupe d’habitants
  • la définition du projet
  • le conseil en montage juridique et financier
  • le choix du maître d’œuvre (architecte)
  • la prise en charge de la maîtrise d’ouvrage (suivi du chantier jusqu’à la livraison) et le pilotage du comité technique
  • la sécurisation des accédants

Depuis le premier appel à projets lancé en 2009, Strasbourg est devenue, en France, la référence pour ce type d’habitat. Une terre d’innovation aussi, grâce au bailleur Habitat de l’Ill qui a développé des formes d’habitat participatif en accession sociale à la propriété et en locatif social…

Et ce n’est pas fini, puisqu’un nouvel appel à projets, le cinquième, est lancé en cette rentrée par la Ville, pour quatre terrains situés à l’Elsau, au Neuhof et à la Roberstau qui pourraient voir la construction de nouveaux immeubles. Et que des questions émergent : pourquoi pas de l’habitat participatif dans l’ancien ?

Un portail et une charte

  • Au-delà de la volonté politique, le succès de l’habitat participatif doit beaucoup à un terreau associatif et citoyen très actif. « L’initiative citoyenne permet de décupler l’action publique », pointe Emmanuel Marx, directeur de l’association Éco-quartier Strasbourg. Preuve en est donnée avec le lancement tout récent du portail de l’habitat participatif, développé par l’association et ses partenaires (CAUE du Bas-Rhin, Sers, Habitat de l’Ill). L’objectif est de « faire de la pédagogie sans noyer les personnes », en présentant les projets réalisés et en recueillant les offres de nouveaux projets, qui ce soit en auto-promotion, en locatif avec un bailleur ou en co-conception avec un promoteur privé.
  • Une charte locale de l’habitat participatif a également été rédigée pour formaliser les engagements des acteurs.

Exemple parmi d’autres, la K’hutte :

  • Route 67 vous invite à la K’hutte, l’un des nombreux projets de logement participatif de Strasbourg. Situé dans l’écoquartier des Brasseurs à Cronenbourg, sur l’ancienne friche Kronenbourg, il a été conçu et est géré par ses habitants.
  • Les premiers emménagements ont eu lieu en juillet 2015. En intégrant le projet de la K’hutte, les habitants ne se contentaient pas d’investir un immeuble neuf et moderne en autogestion, ils s’engageaient à adopter un nouveau mode de vie, communautaire. Ce sont eux qui ont conçu l’aménagement et la décoration du bâtiment. Chacun a pu faire part de ses désirs et de ses besoins, en cherchant les solutions pour concilier ses envies avec celles des voisins.
  • Au sein de la K’hutte, chacun vit chez lui comme il l’entend, tout en bénéficiant d’espaces communs comme la buanderie, un atelier de bricolage ou encore une salle commune en haut du bâtiment où ils organisent régulièrement des stammtisches.
  • Le vivre ensemble est la philosophie des lieux. Certains cuisinent sur commande pour les autres, et pas d’inquiétude sur l’arrosage des fleurs pendant les vacances : il y aura bien ici un voisin pour s’en occuper.